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ANTICIPER LES MUTATIONSune interview de G. Ducellier, Enseignant / chercheur à l'UTT

Pour Guillaume Ducellier, face à des processus de production de plus en plus complexes, les ingénieurs doivent apprendre à sortir de leur spécialité et intégrer leur mission dans une vision plus globale.

Cette article a été publié le 23/03/2018 dans le numéro 100 des "Cahiers Syntec Ingénierie"

Quels sont les enjeux en termes de formation portés par l’industrie du futur ?

La transformation digitale des entreprises constitue l’un des enjeux majeurs de l’industrie du futur. Elle ne se limite pas à la maîtrise de nouveaux outils, mais impose une nouvelle façon de travailler avec des processus de production de plus en plus complexes. Les missions de l’ingénierie en sont transformées, elles exigent davantage de flexibilité, de transversalité, des pratiques collaboratives.

Parce qu’il constitue l’un des maillons de la chaîne, chaque ingénieur, quelle que soit sa spécialité, doit s’ouvrir aux autres champs disciplinaires, accepter de se remettre en cause et intégrer une vision globale. Nos programmes évoluent pour prendre en compte ces mutations.

Pouvez-vous nous en donner un exemple concret ?

Nous avons fait évoluer l’ancienne filière « Technologies de l’informatique pour la mécanique » pour proposer à partir de septembre 2018 aux étudiants de dernière année une nouvelle option, « Management digital des produits et infrastructures ».

L’ambition est de permettre aux futurs ingénieurs de comprendre comment leur spécialité, la mécanique, s’intègre dans un ensemble plus global. La digitalisation s’accompagne de nouvelles stratégies pour les entreprises, le service devient indissociable du produit.

Pour concevoir les programmes, nous avons organisé des missions dans une trentaine d’entreprises afin de mieux appréhender leurs besoins. Dans l’aéronautique, par exemple, on ne vendra plus un moteur mais on le louera, même chose dans l’automobile avec le partage et la location du véhicule. Ces conditions d’exploitation différentes vont impacter la façon de produire et au-delà, l’organisation même de l’entreprise. Il faudra, par exemple, repenser les chaînes de production en fonction des demandes spécifiques des clients pour gagner en réactivité. 

Comment cette nouvelle filière est-elle perçue par les étudiants ?

Nous recrutons actuellement la première promotion, une vingtaine d’étudiants, qui pourront suivre cette formation dans le cadre de l’alternance.

Paradoxalement, nous avons aujourd’hui davantage d’entreprises prêtes à accueillir ces futurs ingénieurs, parce que le besoin est là, que de candidats étudiants. Ils ne perçoivent pas toujours la nécessité d’intégrer leur spécialité dans un contexte plus large, modifié par les systèmes d’information. Pourtant, il sera plus efficace de former un expert en mécanique aux technologies  digitales qu’un informaticien à la mécanique, c’est pourquoi nous organisons des réunions d’information pour les sensibiliser à ces enjeux. 

 

Proposez-vous également des sessions spécifiques dans le cadre de la formation continue ?

Nous avons conçu un programme sur mesure à la demande de SNCF Réseau pour former des BIM Managers. Ces formations sont souvent très orientées vers le secteur du bâtiment. Ici, il s’agit d’intégrer les spécificités de l’ingénierie des projets ferroviaires avec un focus particulier sur les usages et les problèmes de maintenance. Le BIM permettra d’utiliser un jumeau numérique des ouvrages afin de mieux appréhender les opérations de maintenance nécessaires, de les programmer et de les réaliser dans les meilleures conditions. La première session, lancée en 2017, a remporté un vif succès, c’est pourquoi nous avons décidé d’en proposer deux par an et d’élargir la cible à d’autres entreprises, comme les partenaires de SNCF Réseaux. 

 

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